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Le nouveau siège du Crédit Agricole Alsace-Vosges, vitrine du savoir-faire français en BIM et Smart Building

29 septembre 2022 360°
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Le Crédit Agricole Alsace-Vosges a récemment entrepris la reconstruction de son siège à Strasbourg, dont la livraison est prévue en 2025. Très ambitieux en matière de BIM, de smart building (l’opération vise le label R2S) et de performances environnementales, le projet bénéficie d’un accompagnement du Pôle de compétitivité Fibres-Energivie. Il sera d’ailleurs présenté aux côtés de deux autres opérations R2S lors de la séquence Smart Building du colloque Build & Connect, qui se tiendra les 22 et 23 novembre 2022.

 

En plein cœur de Strasbourg, le siège du Crédit Agricole Alsace-Vosges donne sur la place de la gare. Jusqu’à peu, le siège était composé de trois immeubles construits à différentes époques entre les années 50 et 90. L’ensemble représentait environ 10 000m². En 2019, le Crédit Agricole Alsace-Vosges a décidé de redonner un nouveau souffle à son siège, afin de le remettre aux standards modernes des environnements de travail, d’en améliorer la fonctionnalité et l’harmonie architecturale. Il s’agit notamment d’accueillir les 370 collaborateurs de la caisse Alsace-Vosges et d’améliorer les services présents (espaces d’accueil mutualisé, espaces de travail de bureau, centre d'affaires, agence bancaire, restauration et auditorium).

Une démolition-reconstruction vertueuse

Une fois le projet lancé, la question du lieu s’est rapidement posée : fallait-il déplacer le siège ou conserver l’emplacement actuel du siège ? Et dans ce cas, plutôt réaliser une réhabilitation ou une démolition-reconstruction ? Afin de prendre la meilleure décision possible, le Crédit Agricole Alsace-Vosges a fait appel aux équipes du Crédit Agricole Immobilier.

 

« La démolition-reconstruction est apparue comme la solution la plus adéquate, » explique Orion Anglade, chargé d’opération chez CA immobilier. « D’une part, la place de la gare est très stratégique. D’autre part, les bâtiments actuels n’étaient pas réutilisables : certains n’avaient pas été conçus pour accueillir des bureaux à l’origine et les différentes structures ne faisaient pas sens entre elles. »

 

L’opération s’inscrivant dans la stratégie de responsabilité environnementale du Crédit Agricole, les équipes projets ont basé leur démarche sur quatre piliers : réaliser un siège vitrine du groupe, favoriser la collaboration et la communication, mettre en place des éléments modulaires, évolutifs et conviviaux, et enfin respecter des valeurs écoresponsables. « Nous avons suivi des objectifs énergétiques et bas carbone ambitieux, techniques, cadrer les ambitions, garantir les échanges entre les parties prenantes, vérifier que les attentes du maître d’ouvrage sont bien respectées, etc. 

 

« Pour l’instant, nous sommes dans les phases de lancement de notre accompagnement. » explique Ronan Bellier. « Nous avons déjà réalisé un travail d’acculturation au smart building de l’équipe projet de la maîtrise d'œuvre ainsi que de de l’équipe projet du Crédit Agricole Alsace-Vosges. Nous avons également cadré leurs attentes sur les fonctionnalités techniques (qui touchent au confort et à l’efficacité énergétique) et celles d’usage (qui concernent les interfaces entre les occupants et le bâtiment) du siège. Nous allons bientôt entrer dans un travail de rédaction qui servira de socle à la maîtrise d'œuvre et aux entreprises travaux. » Le travail d’accompagnement sur le BIM a également déjà commencé : après avoir réalisé une première phase de sensibilisation des équipes puis une deuxième de rédaction de documents techniques, le Pôle va intégrer les informations du maître d'œuvre sur la manière dont il compte répondre aux exigences de la maîtrise d’ouvrage. 

 

Les équipes projets visent le label R2S deux étoiles, qui valorise les bâtiments dont les systèmes sont capables de s’adapter rapidement à de nouveaux services et équipements. « Les systèmes et les outils du smart building vont évoluer rapidement dans les prochaines années. » affirme Orion Anglade. « Les bâtiments doivent être capables de s’adapter aux nouveaux usages à venir afin de ne pas devenir obsolètes. Cela demande de travailler sur les équipements numériques, mais également sur la structure, pour avoir des bâtiments flexibles. »

Des retours d’expériences pour faire avancer le smart building et le BIM

Orion Anglade en est certain, dans les 15 prochaines années, tous les bâtiments de 10 000m² et plus seront smart. Il est donc essentiel de faire des retours d’expériences sur les opérations en BIM et smart building. Il relève ainsi deux grands enseignements sur le projet en cours :

●     Il est important de s’entourer des bons acteurs. « Finalement, très peu de personnes savent bien faire du BIM et du smart building. Il faut trouver le bon bureau d’études, le bon architecte, le bon AMO, etc. »

●     Il faut intégrer le BIM et le smart building le plus en amont des projets, dès la programmation, afin d’avoir une stratégie claire et efficace.

 

Ronan Bellier insiste également sur l’importance des retours d’expériences, indispensable selon lui pour faire monter en compétences les acteurs du secteur. « C’est pourquoi nous allons présenter ce projet lors du colloque Build & Connect en novembre prochain, aux côtés de deux autres projets : celui du campus ESEO ESTP de Dijon, qui comprend une composante BIM en gestion exploitation maintenance, labellisé R2S 2 étoiles, et celui des bureaux de l’entreprise Wave, en R2S 3 étoiles. » Un webinaire dédié au R2S sera également organisé le 6 décembre en complément de cette séquence. L’occasion de rentrer en détail dans le volet technique du R2S et dans les retours d’expériences.

 

en visant les labels et certifications BBCA Standard, BREEAM Excellent et Passivhaus Passif Classique, » détaille Orion Anglade. « Pour ce faire, nous avons notamment utilisé le levier de l’économie circulaire. » En effet, le CA Immobilier fait partie du Booster du réemploi, une initiative qui facilite les démarches de réemploi. De plus, la MOE démolition EXPUR a été sélectionnée selon des critères d’économie circulaire. Enfin, les équipes projets ont fait appel à un AMO spécialisé sur le sujet, BOMA, afin d’intégrer un maximum de matériaux réemployés issus de l’ancien siège (dont par exemple des marbres pour les sols ou encore du bois) ou d’autres chantiers pour compléter.

Le BIM et le smart building au cœur du projet

Dès le début de l’opération, le maître d’ouvrage a affirmé sa volonté d’avoir un bâtiment ambitieux sur le BIM et le smart building. « Ces deux éléments sont essentiels pour les bâtiments de demain, » affirme Orion Anglade. « D’un côté, le smart building donne une vision globale d’un bâtiment. Cela permet d’optimiser sa maintenance, garantissant ainsi l’efficacité énergétique et environnementale, et d’en limiter les coûts. De plus, il s’agit d’un levier important pour aider les occupants à s’approprier les locaux. Le BIM, pour sa part, est un socle nécessaire au smart building. Il permet de rassembler les informations sur le bâtiment et le déroulé de l’opération sur une maquette unique. Cela va servir de support de communication, d’échanges entre les acteurs, etc. » 

 

Concrètement, côté BIM, le bâtiment bénéficiera d’un jumeau numérique, qui évoluera en même temps que lui, tout au long de sa vie. Côté smart building, le maître d’ouvrage souhaite mettre en place des systèmes de management de l’énergie mais aussi différents services pour les utilisateurs (comme la réservation de locaux ou de places de parkings). Le Crédit Agricole Alsace-Vosges envisage de déployer un Building Operating System (BOS), c’est-à-dire une base de données structurée capable de récupérer toutes les informations du bâtiment sur les systèmes énergétiques. Ces données pourront ensuite être utilisées par des logiciels et applications de gestion intelligente. « Finalement, la maquette numérique n’est qu’un support du bâtiment de demain, » résume Orion Anglade. « L’outil central est le smart building et sa pièce maîtresse est le BOS. »

 

Le Crédit Agricole Alsace-Vosges s’est tourné vers le pôle de compétitivité Fibres-Energivie afin de mener à bien sa démarche. Cet acteur a développé un réel savoir-faire sur ces enjeux. Il travaille depuis plusieurs années avec la Smart Building Alliance et s’appuie sur un réseau important d’acteurs du bâtiment. Le Pôle a actuellement un peu plus de 40 missions sur le BIM et entre 20 et 25 accompagnements en cours d’acteurs de la filière sur la transition numérique. D’abord consulté sur la partie BIM puis sur le smart building, le Pôle a pu apporter son expertise au Crédit Agricole Alsace-Vosges. Il accompagnera ainsi le projet pendant trois à cinq ans. « Cette opération présente deux enjeux pour nous, » détaille Ronan Bellier, directeur de développement du Pôle. « D’une part, il s’agit de s’appuyer sur du retour d’expérience pour faire monter en compétences les acteurs locaux et sensibiliser les filières, d’autre part nous souhaitons contribuer à l’élargissement des propositions de solutions numériques autour du Pôle. » Il sera ainsi présent à chaque étape de l’opération pour sensibiliser les acteurs, aider à rédiger les différents documents. 




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