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Collège Kennedy Mulhouse : Préserver, restaurer, requalifier le bâtiment existant

08 mars 2022 360°
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Quand la préservation de l’environnement et du patrimoine répondent à un même combat.

Un projet de restructuration et de modernisation du collège Kennedy, sur le site d'une des premières manufactures de Mulhouse en 1805, l’ancienne manufacture d’indiennes Hofer située dans le centre ville, est en cours.  La société d’architecture « Formats Urbains – architectes associés » a entrepris ce chantier de réhabilitation de trois bâtiments et la construction d'une extension. La livraison est prévue pour début 2023.

Une forte sensibilité pour le développement durable et le sens des lieux  

Créée en 2006, « Formats urbains-architectes associés » est une société d'architecture et d'ingénierie spécialisée en bâtiments recevant du public, tertiaires et industriels. Elle comprend 8 collaborateurs dont deux associés. Orientés et impliqués dans le développement durable ainsi que le contrôle climatique par la forme architecturale, le ré-usage de bâtiments est pour eux axe de développement important. Qu’il s’agisse de bâtiments historiques ou d’anciennes friches, la démarche s’inscrit dans une réflexion de conservation et de transformation des bâtiments, permettant de révéler leur potentiel. Il y a des enjeux à la fois écologiques culturels et historiques incitant à la réflexion, excluant de démolir un bâtiment.

Les enjeux de la réhabilitation 

A réhabilitation en site historique est toujours un grand défi, à cause d’extrêmes contraintes aussi bien économiques que techniques. La sauvegarde de ce bâtiment de pierre et de bois n’est pas simple, étant très endommagé. Pratiquement, il aurait été plus simple de le raser, compte tenu des contraintes initiales du programme, et des coûts de restauration des structures. Peu de fondations, planchers inclinés, recalés dans le temps, le bâtiment va être remis en usage en utilisant essentiellement du bois pour le réparer. Et pourtant, s’agissant d’un bâtiment remarquable, il était important de le conserver. Pour l’architecte Pierre Lynde, c’est le prix de la culture et de l’histoire, et c’est une grande satisfaction de prouver que la démolition ne doit qu’être exceptionnelle.

 

D’après lui, la réhabilitation thermique des bâtiments anciens peut offrir un confort supérieur aux bâtiments neufs, avec des dépenses environnementales moindres. La dimension patrimoniale est également soulevée par l’architecte, qui accorde également une grande importance au sens initial des lieux. Il existe des enjeux historiques, culturels, d’identité urbaine, par exemple avec une possibilité de les réactiver dans le monde moderne.  Il s’agit de transformer le lieu tout en préservant son identité. Il y a à la fois un enjeu de préservation et de mise en valeur de l’existant : une démarche de création contemporaine de niveau patrimonial équivalent, s’additionnant au bâtiment existant dans une relation de respect et d’intégrité mutuelle. 

Extension de l’existant : un bâtiment témoignant de la puissance industrielle mulhousienne

Le bâtiment, une ancienne fabrique d’impression sur étoffes de la manufacture Hofer, est protégé par le PLU (plan local d’urbanisme) de la Ville de Mulhouse, comme témoin de l’industrialisation hors-les-murs de Mulhouse initiant le développement urbain et la forte croissance démographique du 19ieme siècle.

La ville rachète le site construit en 1805, vers 1850 pour créer une école supérieure de jeunes filles. C’est donc un site scolaire depuis 170 ans environ. Il va devenir après sa transformation, bâtiment de la vie scolaire au rez-de -chaussée et pôle administration du collège en étage. 

 

Le projet fait le lien avec la ville contemporaine et son histoire. L’extension du 21ème siècle se lira comme une évolution contemporaine, d’échelle conforme à son environnement, et en transition avec les immeubles bien plus hauts de la rue Schlumberger. 

Les autres bâtiments existants ont fait l’objet d’une restructuration interne, tout en préservant leur identité. Les façades seront restituées suivant les principes de reconstruction historique avec un ravalement traditionnel à la chaux, la réparation des pierres de tailles en grès (carrières Adamswiller) La volumétrie des toitures existantes sera conservée, assurant ainsi l’insertion historique et patrimoniale du projet. 

Des matériaux sobres, contemporains et traditionnels, en béton, métal, et zinc, répondent à la masse minérale des bâtiments du 19ème siècle. Les lames verticales en métal de la façade renvoient à la dominante formelle du bâti ancien, essentiellement verticaux, tout comme la verticalité des arbres du site. 

 

Côté Nord, la façade sera parée de motifs créés en 1880 à Mulhouse issu des collection du Musée de l’Impression sur Etoffes de Mulhouse, agrandis et imprimés par sur les façades enduites par pochoir, en mémoire de la production sur ce lieu des indiennes Hofer puis Schlumberger. 

La jonction fonctionnelle entre l’existant et l’extension sera traitée par un volume abritant les circulations, habillé de zinc gris, en ménageant l’intégrité architecturale du bâtiment. L’ensemble du collège formera un tout, entre existant et extension neuve. 

Le projet est aussi une requalification énergétique de l’ensemble entre BBC rénovation et RT2012-40%

 

Car pour Pierre Lynde, construire, c’est transformer le lieu c’est lui donner une nouvelle identité, tout en préservant l’identité du lieu, en l’enrichissant sans rien retrancher. 

En additionnant cette extension, il garde l’histoire lisible, pour enrichir le paysage urbain. Le nouveau collège formera un tout architectural reliant le début du 19ieme siècle à notre siècle.




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